Archives pour avril, 2010


Lors de mon dernier passage au Saguenay (terre d’adoption :-) ), j’ai eu l’occasion d’entendre une publicité sur la radio régionale à propos d’un nouveau produit offert par Nutrinor, la coopérative agroalimentaire régionale.  Afin de promouvoir le lancement de son lait biologique, elle inaugurait par la même occasion un site Internet permettant de suivre à la trace le lait, une première nord-américaine.

Le principe est simple: à partir de la date de péremption d’un contenant de lait bio, vous pouvez savoir de quelle ferme vient le lait, les dates de traite, de réception à l’usine, d’embouteillage, etc.  De plus, chaque ferme participant au programme présente une fiche détaillant son environnement.  Vous pouvez faire quelques tests sur le site de Nutrinor.

Au simple coût de développement d’un site web, Nutrinor met ainsi à la disposition de ses clients une foule d’information sur la provenance des produits alimentaires qu’elle fabrique.  Cette information, déjà présente dans les systèmes de l’entreprise et utilisée pour ses opérations, ajoute donc une valeur importante au produit sans nécessairement entraîner de coûts supplémentaires importants.

On retrouve ici le même principe d’utilisation de l’information comme outil d’ajout de valeur que l’on retrouve dans d’autres industries, l’expédition de colis étant un très bon exemple (quel transporteur ne fournit pas sur son site web).  Cette information, déjà structurée, manipulée, transformée pour les opérations de l’entreprise, peut présenter une valeur importante pour les clients si elle est rendue visible.  Il suffit de prendre un peu de recul et de voir comment on pourrait utiliser cette information afin de venir enrichir les produits & services existants.

Dans cette ère de guerre aux bactéries et d’incidents de qualité alimentaire, Nutrinor a certainement fait un bon pari avec ce nouveau site.

Des chercheurs ont publié récemment dans le MIS Quarterly une étude des commentaires sur les produits laissés par les consommateurs sur le site d’Amazon.com. L’objectif était d’identifier les caractéristiques d’un commentaire jugé utile par les visiteurs du site.

Les découvertes sont intéressantes à plusieurs niveaux.  Deux types de produits se démarquent de l’étude: les produits expérientiels (i.e. les produits pour lesquels il est difficile d’obtenir de l’information sans avoir d’abord interagi avec le produit, comme la musique ou les jeux vidéos) et les produits de recherche (i.e. les produits pour lesquels on peut obtenir facilement de l’information descriptive avant d’interagir avec le produit, comme le matériel électronique).  Les livres, non-considérés dans cette étude, sont néanmoins jugés comme une catégorie distincte.

  • Pour les produits expérientiels, les commentaires extrêmes (positifs ou négatifs) sont jugés moins utiles que les commentaires modérés, parce qu’ils sont perçus comme moins crédibles.
  • Pour les produits expérientiels, la disponibilité d’échantillons contribue plus à l’évaluation d’un produit que les commentaires textuels laissés sur les produits.
  • Pour les produits de recherche, la longueur des commentaires impacte positivement l’utilité perçue des commentaires car l’information de base sur ces produits est souvent déjà disponible.
  • Pour les deux types de produits, les commentaires extrêmement négatifs ne sont jamais jugés crédibles par les consommateurs.

Cette recherche permet de mettre de l’avant certaines stratégies lorsque vient de le temps de concevoir une fiche produit sur un site de commerce électronique:

  • Les fiches des produits expérientiels doivent d’abord pouvoir permette au consommateur de vivre l’expérience d’utilisation en ligne.  Les échantillons de pièces musicales (comme l’offre Archambault, Amazon ou iTunes) ou les versions à utilisation restreinte des logiciels sont de bons exemples.
  • Les fiches des produits de recherche doivent encourager le consommateur à fournir le plus de détails possibles concernant l’expérience avec le produit, de façon à complémenter l’information descriptive déjà disponible.
  • Les entreprises ne doivent pas craindre les commentaires extrêmement négatifs laissés par les consommateurs, car ils sont de toute façon jugés peu pertinents.

En tant que consommateur, les résultats de cette recherche vous permettront de laisser des commentaires plus pertinents lors de votre prochain achat en ligne.

Source:

  • WHAT MAKES A HELPFUL ONLINE REVIEW? A STUDY OF CUSTOMER REVIEWS ON AMAZON.COM
    Susan Mudambi and David Schuff (Fox School of Business, Temple University, Philadelphia)
    MIS Quarterly Vol. 34 No. 1, pp. 185-200/March 2010

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Tiré de http://socialmediatoday.com/SMC/186852

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